Points clés
- Le ou la témoin direct·e est la personne présente lors d’une scène de violence sexiste ou sexuelle (VSS)
- Le ou la témoin indirect·e est la personne à qui l’on révèle une situation de violence sexiste ou sexuelle ou qui observe les conséquences des VSS sur une personne, notamment les stratégies d’évitement et les réactions qu’elle met en place
- Le fait de signaler ou divulguer des faits répréhensibles (crimes, délits…) ou contraires à l’intérêt général (comportements potentiellement dangereux pour la population) peut faire de vous un·e lanceur ou lanceuse d’alerte dans les conditions prévues par la loi.
En tant que témoin, il est parfois difficile de venir en aide, même si l’on est un·e proche de la personne victime. Elle-même a souvent du mal à parler de ce qu’elle vit ou a vécu.
Pourtant le rôle de soutien des témoins est très important.
Comment être un·e témoin actif ou active ?
Il est souhaitable que le.la témoin adopte une posture d’accueil pour être à l’écoute des besoins de la victime. Il est possible de l’aider par des actes concrets qui feront la différence.
Au moment des faits :
- Si cela ne vous met pas vous-même en danger, vous pouvez intervenir pour faire cesser l’agression en adoptant plusieurs stratégies : mobiliser les autres témoins, faire face à l’agresseur, faire diversion, etc. Votre réaction doit être proportionnelle à la menace. Attention vous n’êtes ni « super-héros » ni « super héroïne » ! (Cf la vidéo de sensibilisation des 5 D de Stand’Up).
- Vous pouvez par ailleurs appeler un numéro d’urgence gratuit (Police, pompiers, samu). Soyez précis·e auprès des forces de sécurité : lieu de l’agression, nombre d’agresseurs, nombre de victimes, présence éventuelle d’armes, présence d’enfants, etc.
Après les faits :
- Rester disponible. Parfois, il est difficile de comprendre les réactions de la personne victime. Mais, pour lui (re)donner confiance dans sa capacité de prise de décision, il est important de respecter son rythme et d’accepter qu’il lui faille du temps.
- Dans tous les cas il est conseillé aux témoins (direct·e·s ou indirect·e·s) comme aux plaignant·e·s d’écrire le récit ce qui s’est passé pour premièrement : « exprimer » ce qui est trop difficile à « dire » oralement et secondement : laisser des traces si, un jour, il y a poursuite de la plainte.
Quelle attitude adopter vis-à-vis de la victime ?
Le ou la témoin direct·e ou indirect·e soutient la personne victime et témoigne de sa solidarité. L’indifférence ou la méfiance des témoins peuvent être vécues comme une deuxième agression. A l’inverse, des propos valorisant les démarches que la personne victime effectue peuvent contribuer à sa réparation.
Il est important de prononcer des phrases telles que :
- « La loi interdit et punit ces actes et propos »
- « Vous n’y êtes pour rien, l’agresseur est le seul responsable » »
- « Je peux vous accompagner vers les forces de l’ordre, la sécurité… »
- « Je peux rédiger pour vous un témoignage dans lequel je décris ce j’ai vu/entendu »
- « Vous pouvez être aidée » (associations, cellules d’écoute, services de santé au travail, etc.)
En tant que témoin direct·e ou indirect·e, il peut être nécessaire de se faire conseiller et accompagner en faisant appel à des associations d’aide aux victimes. En effet, être témoin d’un acte de harcèlement et/ou de violences n’est pas anodin. Il est possible de ressentir divers sentiments : peur, culpabilité, malaise, etc.
Vous pouvez également vous adresser à la Plateforme numérique d’acompagnement des victimes de violences sexuelles, sexistes ou conjugales gérée par l’État, ouverte 7j/7j, 24h/24h.
Les témoins sont protégés par la loi
Pour ce qui concerne les agent·es, l’administration est tenue de ne sanctionner d’aucune manière les personnes victimes et témoins de violences sexistes et sexuelles au travail.
L’article L.133–3 CGFP dispose : « Aucun agent public ne peut faire l’objet de mesures mentionnées au premier alinéa de l’article L. 135–4 pour avoir :
- Subi ou refusé de subir les faits de harcèlement sexuel mentionnés à l’article L. 133–1, y compris, dans le cas mentionné au 1o du même article L. 133–1, si les propos ou comportements n’ont pas été répétés, ou de harcèlement moral mentionnés à l’article L. 133–2 ;
2. Formulé un recours auprès d’un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces faits ;
3. De bonne foi, relaté ou témoigné de tels faits ».
Pour ce qui concerne les étudiant·es, le Code pénal interdit également de sanctionner les personnes victimes et témoins de harcèlement sexuel :
« Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes parce qu’elles ont subi ou refusé de subir des faits de harcèlement sexuel tels que définis à l’article 222–33 ou témoigné de tels faits, y compris, dans le cas mentionné au I du même article, si les propos ou comportements n’ont pas été répétés » (art. 225–1‑1 du Code pénal).
Plusieurs textes protègent également les lanceurs d’alerte (Loi n° 2016- 1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique).
Ils et elles sont ainsi protégé·es contre les représailles exercée à leur encontre en raison de leur alerte, tel qu’une mesure de licenciement, une sanction, la perte d’une subvention, ou encore une « procédure bâillon ».
Ressources
- Plateforme numérique d’accompagnement des victimes de violences sexuelles, sexistes ou conjugales gérées par l’État :
https://www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/portail-signalement-violences-sexuelles-sexistes - DDD Défenseur des droits : https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2023–07/ddd_guide-lanceurs-alertes_maj2023_20230223.pdf
- Formation des témoins actifs / actives : « 5 D », vidéo de sensibilisation de Stand’Up : https://www.standup-international.com/fr/fr/training/landing
- https://www.avft.org/2017/09/08/faire-etes-temoin-de-violences-sexuelles-recevez-confidences-dune-personne-victime-de-violences-sexuelles/


