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31 décembre 2024, CNESER, n°1687

Le 18 juin 2020, le Tri­bunal cor­rec­tion­nel de Sav­erne a con­damné un pro­fesseur des uni­ver­sités de la fac­ulté de théolo­gie protes­tante de l’université de Stras­bourg, à une peine d’un an d’emprisonnement pour des faits d’importation et de déten­tion de fichiers infor­ma­tiques pédo­pornographiques com­mis entre le 1er juin 2014 et le 3 mai 2020.

Le prési­dent de l’université a été infor­mé par le pro­cureur de la République, qui a dès le 23 juin 2020 et de manière con­ser­va­toire déchargé M. X de ses oblig­a­tions d’en­seigne­ment. Il a engagé le 17 novem­bre 2020, des pour­suites dis­ci­plinaires devant la sec­tion dis­ci­plinaire de son étab­lisse­ment.

Par une déci­sion du 25 févri­er 2021, la sec­tion dis­ci­plinaire a pronon­cé la sanc­tion de mise à la retraite d’office à l’encontre de M. X, déci­sion immé­di­ate­ment exé­cu­toire nonob­stant appel.

Elle a con­sid­éré d’une part, que la nature des agisse­ments com­mis par M. X est con­sti­tu­tive d’un man­que­ment aux oblig­a­tions de pro­bité et de dig­nité aux­quelles il est soumis en tant qu’agent pub­lic et, d’autre part, que M. X avait porté atteinte à l’honneur et à la con­sid­éra­tion de la fonc­tion d’enseignant-chercheur, cette atteinte ayant eu un reten­tisse­ment hors de l’établissement comme à l’intérieur de celui-ci.

Il a relevé appel de la déci­sion devant le CNESER invo­quant pêle-mêle que la sanc­tion de mise à la retraite d’office était dis­pro­por­tion­née, l’antériorité de sa car­rière n’ayant pas été prise en compte, que les faits avaient été com­mis dans un cadre privé, qu’il n’avait pas util­isé les moyens mis à dis­po­si­tion par l’administration, qu’il n’avait accès à aucune don­née con­fi­den­tielle de l’université, que le pub­lic fréquen­tant l’université est majeur ou encore qu’aucun étu­di­ant n’avait eu à se plain­dre de son com­porte­ment ! 

Or, le Cneser relève que la liste des con­sul­ta­tions des vidéos était enreg­istrée sur son ordi­na­teur pro­fes­sion­nel et l’avis de procé­dure pénale adressé au recteur d’académie fai­sait état de 1 000 vidéos et 27 000 pho­tos décou­vertes sur ses sup­ports infor­ma­tiques, com­prenant l’ordinateur fourni par l’université d’Oxford. Le CNESER men­tionne égale­ment que la con­damna­tion pénale du pro­fesseur a fait l’objet d’articles de presse per­me­t­tant d’établir un lien entre l’intéressé et l’université de Stras­bourg, por­tant ain­si atteinte à l’image de l’établissement.