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20 février 2025, CNESER, n°1699

M. X, pro­fesseur des uni­ver­sités en chimie théorique, physique et ana­ly­tique, exerçait au sein de l’institut de chimie de Nice (ICN) de l’Université Côte d’Azur, dans l’équipe de recherche E1, dédiée aux arômes, par­fums, syn­thèse, mod­éli­sa­tion.

Le 1er sep­tem­bre 2020, le prési­dent de l’université a sus­pendu Mon­sieur X de toutes ses fonc­tions d’enseignement et de recherche inclu­ant ses fonc­tions d’encadrement à l’université, à compter du même jour, pour des faits pou­vant s’apparenter à du har­cèle­ment sex­uel, du har­cèle­ment moral et des vio­ls, suite aux sig­nale­ments des 22 et 23 juil­let 2020 faits par une anci­enne doc­tor­ante et une post-doc­tor­ante, à la cel­lule de lutte con­tre les vio­lences sex­istes et sex­uelles de l’établissement.  

Le 29 jan­vi­er 2021, le prési­dent de l’Université a engagé con­tre lui des pour­suites dis­ci­plinaires devant la sec­tion dis­ci­plinaire de son étab­lisse­ment.

Par une déci­sion du 23 juil­let 2021, la sec­tion dis­ci­plinaire de l’Université Côte d’Azur a pronon­cé la sanc­tion de la révo­ca­tion à l’encontre de Mon­sieur X, déci­sion immé­di­ate­ment exé­cu­toire nonob­stant appel.

Il lui est reproché de très nom­breux faits de vio­lences, notam­ment :

-  De très nom­breux mes­sages écrits, envoyés col­lec­tive­ment à son équipe ou indi­vidu­elle­ment à sa doc­tor­ante de l’époque, dans lesquels il fai­sait des com­men­taires hos­tiles, dégradants, humiliants et offen­sants à l’égard des per­son­nes de sexe féminin unique­ment, tels que « Y en a quand même marre des femmes noires, homo­sex­uelles, rouss­es et hand­i­capées dans la sci­ence non ? » ou encore « Pourquoi con­tredire une femme ? il est telle­ment plus sim­ple d’attendre qu’elle change d’avis (Fey­deau) »

Le CNESER juge que « ces pro­pos sont con­sti­tu­tifs d’une faute dis­ci­plinaire, indépen­dam­ment du sup­port sur lequel ils ont été tenus (en l’espèce, un groupe de dis­cus­sion What­sapp) et le cadre dans lequel ils ont été tenus (hors du ser­vice) ».

- De très nom­breux cour­riels, à toute heure du jour et de la nuit, à l’étudiante dont il était le directeur de thèse et avec laque­lle il a entretenu une « rela­tion intime » et per­son­nelle pen­dant son doc­tor­at. Avant le début de leur « rela­tion », il lui a ain­si adressé de nom­breux mes­sages tels que « J’vais t’ouvrir comme une tru­ite » ; « Félic­i­ta­tions. Mais con­tin­ue de rester soumise » ; « ça mon­tre com­ment tu me par­les et com­ment tu me con­sid­ères … Pour l’exemple. Je te promets de mul­ti­ples humil­i­a­tions en publique [sic]. Hâte d’être en con­grès … » ; « Mer­ci de soign­er la cul­ture. T’es ma petite chi­enne préférée ».

Après le début de leur « rela­tion », il lui a adressé : « reste à terre et bosse » ou encore « Du tra­vail. Je vais te faire boss­er. Jour et nuit. T’utiliser » et il lui a indiqué plus de 14 fois qu’elle était « virée ».

L’étudiante a dû faire appel à une cel­lule d’aide psy­chologique de l’établissement au sein duquel elle tra­vail­lait depuis la fin de sa thèse, a été suiv­ie par un thérapeute qui lui a diag­nos­tiqué « un syn­drome de stress post-trau­ma­tique avec perte de mémoire et déréal­i­sa­tion, et un syn­drome de dépres­sion majeure ». Elle a eu des man­i­fes­ta­tions physiques vio­lentes, telles que des nausées, des vom­isse­ments et des crises de panique.

« Au regard de l’ensemble de ces élé­ments, Mon­sieur X doit être regardé comme ayant été l’auteur d’agissements répétés qui ont eu pour objet ou pour effet de soumet­tre cette étu­di­ante à une dégra­da­tion de ses con­di­tions de tra­vail, ayant porté atteinte à sa dig­nité et altéré sa san­té, et, ce faisant, comme ayant mécon­nu ses oblig­a­tions déon­tologiques et com­mis une faute dis­ci­plinaire.

Il résulte de ce qui précède que les faits étab­lis, nom­breux, sont par­ti­c­ulière­ment graves et incom­pat­i­bles avec les oblig­a­tions pro­fes­sion­nelles et déon­tologiques aux­quelles Mon­sieur X, en tant que pro­fesseur des uni­ver­sités, était soumis.

Dès lors, la sanc­tion de la révo­ca­tion décidée par la sec­tion dis­ci­plinaire du con­seil académique de l’Université Côte d’Azur n’apparaît pas dis­pro­por­tion­née au regard des fautes com­mis­es et rap­pelées plus haut ».