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31 juillet 2025, CNESER, n°1730

Le prési­dent de l’université de Picardie Jules Verne a engagé le 3 sep­tem­bre 2021 con­tre Mon­sieur X, pro­fesseur d’éducation physique et sportive cer­ti­fié affec­té à l’université, des pour­suites dis­ci­plinaires devant la sec­tion dis­ci­plinaire du con­seil académique de l’établissement.

Le 5 mai 2022, la sec­tion dis­ci­plinaire a pronon­cé à l’encontre de Mon­sieur X la sanc­tion d’interruption des fonc­tions à l’université de Picardie Jules Verne pour une durée de dix-huit mois.

Mon­sieur X a fait appel et soute­nait notam­ment que les droits de la défense avaient été mécon­nus dès lors que 24 témoignages recueil­lis par l’université ont été ver­sés au dossier dis­ci­plinaire de manière anonymisée, argu­ment que le CNESER a donc bal­ayé.

Les faits les plus sig­ni­fi­cat­ifs com­mis et reprochés à M. X. sont les suiv­ants :

- Pour l’année uni­ver­si­taire 2020–2021 : l’agression d’un col­lègue, le 2 févri­er 2021 ; le coup de pied aux fess­es don­né à une étu­di­ante ; les cours en visio non-dis­pen­sés ou aux­quels il a mis fin pré­cipi­ta­m­ment ; le chan­tage aux notes, les mod­i­fi­ca­tions arbi­traires des barèmes, les repré­sailles envers des étu­di­ants ; la tenue de pro­pos insultants/dénigrants/maltraitants ; le com­porte­ment potache et sex­iste envers une étu­di­ante en exa­m­en ter­mi­nal ; le cli­mat sex­iste et les pro­pos déplacés envers des étu­di­antes lors de cours ; l’atteinte sex­uelle sur la poitrine d’une étu­di­ante, Mme B, lors d’un exer­ci­ce ;

- Pour l’année uni­ver­si­taire 2019–2020 : le com­porte­ment potache et sex­iste envers une étu­di­ante en exa­m­en ter­mi­nal ;

- Pour les années uni­ver­si­taires 2015 à 2017 : la présen­ta­tion de ses armes à feu per­son­nelles ; la provo­ca­tion à un com­bat de judo vio­lent avec un étu­di­ant ;

- Pour les années uni­ver­si­taires 2010 à 2015 : l’entretien de rela­tions intimes avec des étu­di­antes évo­quant une rela­tion d’emprise de la part d’un enseignant sur une étu­di­ante ; le cli­mat sex­u­al­isé, les blagues sex­istes et les pos­tures inadap­tées.

Le CNESER motive l’existence de la faute de manière rigoureuse mais au regard des faits décrits, la sanc­tion paraît bien faible :

« L’article L. 123–6 du Code de l’éducation assigne au ser­vice pub­lic de l’enseignement supérieur la pro­mo­tion « des valeurs d’éthique, de respon­s­abil­ité et d’exemplarité ».

Il résulte de ces dis­po­si­tions que pèse sur les enseignants affec­tés dans le supérieur un devoir d’exemplarité et d’irréprochabilité qui, au regard de la rela­tion d’autorité qui est celle d’un enseignant avec ses étu­di­ants, leur impose d’adopter une vig­i­lance rigoureuse pour respecter ce principe. Il en est de même dans leurs rela­tions avec leurs col­lègues enseignants-chercheurs et les agents. En sa qual­ité d’enseignant et a for­tiori de directeur de l’UFR Staps, Mon­sieur X se devait d’adopter un com­porte­ment respectueux et exem­plaire.

Or, son com­porte­ment a pu être bru­tal, insul­tant, dén­i­grant, provo­ca­teur et sex­iste, con­sti­tu­ant à ce titre une faute qu’il con­vient de sanc­tion­ner ;

Eu égard à la nature des man­que­ments relevés, à leur répéti­tion et à leur grav­ité, ain­si qu’aux recom­man­da­tions qui lui furent [déjà] apportées par la prési­dence en 2014, il y a lieu de pronon­cer à l’encontre de Mon­sieur X la sanc­tion d’une inter­rup­tion des fonc­tions à l’université de Picardie Jules Verne pour une durée de douze mois ».