https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2025–11-26/498385
Voir CNESER, 12 août 2024, n°1666
Une fois encore, le Conseil d’État censure le CNESER qui n’a pas suffisamment étayé et motivé sa décision. La décision du CNESER avait été rendue sous l’ancienne composition de la juridiction disciplinaire, désormais présidée par un Conseiller d’État et dont les décisions sont depuis, bien mieux motivées.
En commentant le jugement du CNESER, nous avions souligné qu’il nous faisait entrevoir une évolution au sein du CNESER concernant les faits de viol. En effet, sans qualifier les faits de « viol » probablement du fait qu’il s’agit d’une qualification pénale, les juges ont retenu la faute grave de l’étudiant pour avoir imposé une « relation » sexuelle à une étudiante sous l’empire d’un état alcoolique et en phase d’endormissement (mode opératoire de la surprise en droit pénal). Le CNESER précise que sa propre consommation de stupéfiants et d’alcool ce jour-là et le fait que le mis en cause et la victime aient déjà eu ensemble des rapports sexuels consentis, ne dédouanaient pas l’étudiant de sa responsabilité.
Nous invitions le CNESER a cessé en revanche d’utiliser le terme de « relation » sexuelle car dans une relation il faut être deux, or c’est exactement le contraire qui était décrit.
Il précisait au passage que la procédure disciplinaire est indépendante de la procédure pénale intentée par l’IEP en signalant les faits au procureur via l’article 40 du Code de procédure pénale.
Le 20 juillet 2020, la section disciplinaire de l’IEP de Paris a sanctionné Monsieur X d’une exclusion de l’établissement pour une durée de deux ans (décision immédiatement exécutoire nonobstant appel). Une longue procédure sur une demande de sursis à exécution faite par l’étudiant s’en est suivie et le CNESER a étudié l’appel sur le fond quatre ans plus tard.
Il est reproché à Monsieur X d’avoir imposé une ‘relation’ sexuelle non consentie à une étudiante de sciences politiques, d’avoir pris une photo lors d’un rapport sexuel consenti avec une seconde étudiante et l’avoir diffusé sans son consentement, et d’avoir commis une « violence sexuelle » (sans plus de précision) à l’encontre d’une 3e étudiante.
Le 12 août 2024, le CNESER a annulé la décision de la section disciplinaire de l’IEP pour vice de procédure mais a maintenu la sanction qui avait été décidée par la section. En outre, en l’absence d’appel de l’IEP sur le niveau de sanction, la sanction ne pouvait pas être aggravée par le CNESER.
Après cette décision du Conseil d’État, l’affaire devra à nouveau être jugée devant le CNESER disciplinaire.


