https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/bo/2025/Hebdo38/MENH2524976S
Commettre des attouchements à caractère sexuel sur des étudiantes, lors de soirées dans le cadre universitaire, en état d’ivresse manifeste constitue « une faute disciplinaire au regard des obligations de dignité et de probité de l’agent public et de l’exemplarité du service public de l’enseignement supérieur au sein duquel Monsieur X est affecté ».
La sanction proportionnée est selon le CNESER une interruption de fonctions de… deux mois !
Un professeur agrégé en sciences industrielles de l’ingénieur affecté à l’université de Lille depuis 1993 a fait l’objet de poursuites par le président de l’université de Lille devant la section disciplinaire de son établissement, qui, le 1er décembre 2022, lui a infligé la sanction de l’interruption de fonctions pendant 6 mois avec privation de la totalité du traitement (sanction immédiatement exécutoire, nonobstant toute procédure d’appel).
Il est reproché à Monsieur X, d’une part, d’avoir, lors du gala de remise des diplômes d’octobre 2018 et en état d’ivresse manifeste, touché la cuisse d’une de ses anciennes étudiantes, Madame B, d’avoir porté des regards insistants sur cette dernière et, d’avoir envoyé les jours suivants trois courriels, dont un au contenu inapproprié.
D’autre part, d’avoir eu un comportement inapproprié et des gestes déplacés envers une autre étudiante, Madame C, là encore en état d’ivresse, lors d’événements organisés par l’université de Lille, à savoir un voyage à Séville en mars 2018 au cours duquel Monsieur X aurait passer sa main sous son tee-shirt lors d’une danse en boite de nuit en lui disant qu’il la trouvait belle ; et lors des galas de remise de diplôme en octobre 2018 et octobre 2019 pendant lesquels Monsieur X aurait tenu des propos sur son physique, et aurait mis la main sous son body lors du premier gala.
Les faits vécus par Madame B lors de cette soirée ainsi que le 3ème courriel reçu, totalement inapproprié, ont entraîné des répercussions sur sa scolarité, et l’ont amenée à s’interdire de participer au voyage de fin d’année de 2019 mais aussi à vivre difficilement ses deux années de master. Monsieur X a expliqué les événements par son état d’ivresse dû à une consommation excessive d’alcool.
Concernant ce qu’il a fait à Madame C, le CNESER déclare que ses gestes étaient « totalement déplacés dans le cadre de la relation entre un enseignant et une étudiante ».
Les professeurs certifiés semblent faire l’objet d’une certaine clémence devant le CNESER, qui diminue la sanction. Le CNESER précise : « le fait que tous les faits fautifs retenus à son encontre soient survenus alors qu’il était en état d’ébriété avancé, et qu’il ait pu souffrir à cette époque d’une addiction à l’alcool, notamment en raison de problèmes personnels, n’exempte pas pour autant l’intéressé d’une sanction disciplinaire proportionnée aux fautes commises ».
Néanmoins, l’impression donnée est que le CNESER en tient compte pour diminuer la sanction prononcée de 6 à 2 mois d’interruptions de fonction.


